La rivière ne fait pas que passer… elle est tenue par les arbres comme les Aulnes

Agriculture urbaine à Mouscron

La rivière ne fait pas que passer… elle est tenue par les arbres comme les Aulnes

02/03/2026 Agri-news 0
fossé et arbre un vrai outil contre l'inondation

Fin février, la rivière est souvent haute, sombre, rapide.
On voit parfois un arbre les racines dans l’eau, battu par le courant.
On pourrait croire qu’il est en danger… ou qu’il gêne l’écoulement.

En réalité, c’est souvent l’inverse : cet arbre empêche la rivière de s’abîmer.

Un arbre au bord de l’eau n’est pas un problème… c’est une solution

Arbre et fossé un lien essentiel

Quand on regarde une berge avec un arbre, on pense parfois :

  • qu’il est « trop près » de l’eau,
  • qu’il risque de tomber,
  • qu’il faudrait nettoyer ou couper pour faire plus propre.

Mais cet arbre ne pousse pas à côté de la berge.
Il fait partie de la berge.

Ses racines tiennent la terre comme une armature tient un mur.
Sans lui, la rive s’effondre peu à peu.

Les racines : une véritable couture naturelle

Sous l’eau, on ne voit rien… pourtant, tout se joue là. Les racines forment un réseau très dense, comme un tissu :

  • elles retiennent la terre et empêchent qu’elle parte avec le courant,
  • elles cassent la force de l’eau, un peu comme un frein naturel,
  • elles filtrent ce qui arrive des champs ou des routes.

Une berge sans arbres, même enherbée, s’érode très vite.
Une berge avec des racines tient pendant des décennies.

Un arbre qui nettoie l’eau

Ces arbres vivent en partenariat avec des micro-organismes présents sur leurs racines.
Ensemble, ils captent et transforment certains polluants, notamment les nitrates issus du ruissellement agricole.

Des travaux menés par INRAE montrent que cette végétation de rive peut intercepter une grande partie de ces pollutions avant qu’elles n’atteignent la rivière.

Autrement dit :
la berge boisée agit comme une station d’épuration naturelle.

Un refuge indispensable pour la vie aquatique

Sous les racines immergées, l’eau creuse de petites cavités invisibles depuis la surface.

Ces abris servent :

  • de refuges contre le courant hivernal,
  • de cachettes contre les prédateurs,
  • de zones de repos pour les poissons.

Les observations de l’Office Français de la Biodiversité montrent que ces racines constituent une part essentielle des habitats disponibles dans certaines rivières.

Sans arbres, la rivière devient un couloir uniforme… beaucoup moins vivant.

L’arbre est aussi le thermostat de la rivière

En été, son feuillage fait de l’ombre :

  • l’eau chauffe moins,
  • elle garde davantage d’oxygène,
  • les espèces sensibles peuvent survivre.

Quand les arbres disparaissent :

  • la berge s’élargit,
  • l’eau devient plus chaude,
  • la biodiversité chute.

Préserver ces arbres en hiver, c’est protéger la rivière en plein mois d’août.

Que faire quand un arbre gêne ou vieillit ?

Il ne s’agit pas de ne jamais intervenir, mais d’agir intelligemment.

✔️ On évite d’arracher la souche (cela détruit la berge).
✔️ Si nécessaire, on coupe le tronc au ras du sol : l’arbre repousse naturellement.
✔️ On privilégie cette gestion douce, appelée « génie végétal », plutôt que les enrochements ou le béton.

Les solutions minérales accélèrent souvent le courant et dégradent l’écosystème.

Un bois utilisé depuis des siècles pour résister à l’eau

Ce type d’arbre possède un bois très résistant lorsqu’il reste immergé.
Il a même servi de fondation à des villes entières comme Venise, construite sur des pieux en bois installés dans l’eau.

La nature utilisait déjà cette technologie bien avant nous.

À retenir lors de vos promenades

Quand vous voyez un arbre les racines dans la rivière :

  • ce n’est pas un arbre « mal placé »,
  • ce n’est pas un déchet naturel,
  • c’est un ingénieur écologique.

Il stabilise la berge, filtre l’eau, abrite la faune et régule la température.

La rivière tient debout grâce à lui.